13/12/2014

Les medias belge et la banque Suisse Pictet

L'information et la corruption des médias belge et luxembourgeois

Commencont par le commencement avant de plongé dans le monde de la communication des entreprises ou de la guerre de l'information. Dans ce cas d'espèce il s'agit d'une boite de communication ,Backstage communication située a Chaumont-Gistoux et la banque d'affaires Suisse Pictet très active en Belgique et Luxembourg pour le moment. La banque Pictet a beaucoup de mal a se faire une place sur le marché belge dû à la concurrence des autres banques de la place. Pictet est une gérante de fortune et d'actifs indépendants en Europe, et par ce qu’elle gère des fortunes elle vise nos milliardaires belge planqué en Europe qui ne paye pas un euro d'impôts, mais planque leurs avoir en dehors de notre sol belge.
Pictet cherche donc à se faire une place dans les médias, et nous allons découvrir comment une banque suisse corrompt le monde des médias belge et luxembourgeois à travers une boite de Com belge. Le modus operandi est très simple, produire un papier sur un sujet et le communiqué aux journalistes qui eux l'adapteront de façon a vous faire croire que c'est eux l'auteur. Bien sûr il ne dira jamais que c'est l'agence de com Backstage communication qui la leur a donné, mais vous l'écrirons de façon naturelle comme un journaleux concencieux. Au final vous aurez compris qu'avec de l'argent on peut tout acheter et les journalistes et les médias s'achètent comme des bananes au marchand de légumes du coin. En parlant de médias belges, un constat saute aux yeux, les plus corrompus dans les idées et le portefeuille sont les médias francophones, les Flamands sont moins corrompus et sont très frileux si ont les harcelles a ce que j'ai pu remarqué.


Article publié dans le Letzebuerger Journal ( Luxembourgourg), Catherine Kurzawa en commandite pour la banque Pictet




Article publié dans la libre Belgique, Isabelle de Laminne en commandite pour la banque d'affaire Suisse Pictet
Le nombre d'articles se compte par centaine, il m'est impossible de les publié tous. Ceci n'est qu'un aperçut du travail journalistique que l'agence de communication a destinations des pseudo journaliste belge ...
Et d'ailleurs en parlant d'argent comme c'est bien le faire la banque Pictet, elle organise d'ici peu un grand voyage à Genève à destination des journalistes belges qui bosse pour elle. Les journalistes peuvent venir prendre un peu de repos gratuitement, frais de séjour et déplacement gratos. Ce n’est pas beau la vie façon Pictet !

Je dois dire que la stratégie d'approche auprès des journalistes belge pour communiqué qui fonctionne plutôt bien côté francophone. En lisant la suite et vu la profusion des âneries que j'ai pu lire, un constat saute aux yeux : Ca marche bien entre eux, Pictet et la boite de com continue, il a été ainsi décidé d'intensifié la communication sur les journalistes. À l'avenir, quand vous lirez des articles qui traitent du monde de la finance méfiez-vous. Par ce que au-delà toute cette corruption d’idées et de l'argent dans nos médias, les Suisses viennent volé notre patrimoine financier pour le planqué en Suisse et dans les paradis fiscaux. Il est du devoir des autorités fiscal et du représentant des médias belge de mettre un frein à la corruption et aux rencontres informelles des mafieux bancaire de chez Pictet. Quand a la boite de communication Backstage, n'en parlons pas, elle est motivé que par l'argent. Réfléchir à leurs actes et sur le long terme c'est comme demandé à des singes d'apprendre à réfléchir sur leurs actes
Il faut s'attendre à quoi avec les journalistes, la banque Suisse Pictet et la boite de communication Backstage ?

Relations Presse en Belgique et au Luxembourg pour Pictet Asset Management et Pictet Wealth Management


Objet : mise au point 6 mois après la réunion de mai ayant pour but d'accroître le travail de contacts avec la presse en Belgique et au Luxembourg.

Conformément aux décisions prises ensemble en mai dernier, Backstage a, grâce à l'input ("contribution") reçu de Pictet depuis lors, augmenté considérablement les actions Presse menées en Belgique et au Luxembourg.
Backstage a initié un nombre important de communications pro-actives vers les médias de ces pays depuis mai dernier :

  • Diffusion mensuelle des « Perspectives » aupres des principaux journalistes et medias de la place
  • Diffusion mensuelle de la « Lettre Obligataire »
  • Diffusion mensuelle du « Baromètre »
  • Diffusion de communiqués de presse liés à ces publications (pas de systématique chaqi mois]
  • Diffusion de bylines et de contributions Pictet diverses issues essentiellement de 4 sources :
• de Pictet à Genève via Frank et Dyuti
• de PAM France
• de PUNT.nl
• des sites web de Pictet

  • Organisation de rencontres informelles avec Bruno Hellemans
  • Invitation de la presse aux roadshows organisés par PAM
  • Invitation de la presse au SECULAR OUTLOOK de Luca Paolini
  • Invitation de la presse aux Perspectives H1 de Christophe Donay
  • Organisation d'une visite Presse du Prix Pictet à Luxembourg
  • Organisation d'une rencontre exclusive pour les 25 ans de la banque à Luxembourg

Le nombre d'opportunités de contacts avec les médias ayant considérablement augmenté, l'interaction avec les journalistes à elle aussi augmenté. Les contacts téléphoniques réguliers ainsi que les rencontres informelles organisées à ce jour ont permis de mettre en lumière les points importants suivants :

  • Pictet est aujourd'hui un acteur perçu comme faisant partie de ceux qui communiquent le plus sur le marché (des medias)
  • La communication a atteint une vitesse de croisière considérée comme optimale par le; médias.
  • Le contenu est jugé pertinent et intéressant. Même si les médias ne peuvent pas reprendre systématiquement ces infos, bien entendu. L’actu est bien entendu un élément prépondérant la plupart du temps et l'environnement est très concurrentiel, aussi en ce qui concerne la communication.

Un reporting hebdomadaire est réalisé, reprenant la revue de presse complète ainsi que la liste des actions de la semaine et de celles « en cours ».

Pas de point téléphonique mensuel systématique mis en place, mais des contacts réguliers avec les différents intervenants concernés.

Pictet Asset Management


1/ Diffusion de contenus divers


  • Backstage diffuse actuellement beaucoup de contenus issus de différentes sources comme évoqué ci-dessus (bylines, Q&A, commentaires sur l'actualité).
  • Même si cela ne génère pas d'office de retombées, il est toujours préférable d'envoyer un communiqué de presse avec les publications type Baromètre ou Lettre Obligataire. 
  • L'envoi de « Flash News » est susceptible de générer des demandes d'interviews dans la foulée. Attention à éviter de reproduire le cas « écossais » pour lequel un commentaire repris de PAM France a été diffusé aux médias et suivi d'un refus d’interview le jour du référendum en Ecosse cf sujet trop « touchy » p.ex.
  • Beaucoup d’intérêt des médias pour la présentation SECULAR OUTLOOK (8 inscriptions dont tous les principaux médias) mais une actu trop chargée le Jour J, des embouteillage: sur les routes et des malades multiples au sein de certaines rédactions ont fait que plus de la moitié des journalistes inscrits ne sont pas venus et impossibilité de récupérer cette absence avec des one-to-one téléphoniques par après. 


2/ Calendriers rédactionnels


  • Les contacts pris avec les rédactions de même que les rencontres informelles organisées avec Bruno montrent que ce type de calendriers n’existent pas vraiment dans les médias qui nous intéressent ici. Les dossiers spéciaux existants sont souvent des produis « commerciaux », vendus par les régies publicitaires, avec un contenu rédactionnel « neutre » (article de fond sur des sujets liés au thème du dossier, sans mention explicite d'acteurs du marché) ou « orienté annonceur » (le dossier donne la parole à des experts, issus des annonceurs).
  • Les dossiers spéciaux plus rédactionnels suivent surtout l'actualité et sont donc de ce fai décidés avec des délais courts de publication.


3/ Organisation de rencontres informelles avec Bruno (et Karel à présent)


  • En Belgique, nous avons rencontré les responsables des rédactions de DE TIJD et de L'ECHO, soit les 2 plus importants médias économiques et financiers.
  • Une rencontre a également été organisée avec Frédéric Lejoint, journaliste freelance spécialisé en économie et finances (notamment en fonds de placement) qui écrit pour L'Echo, Trends / Tendances - Moneytalk (fonds de la semaine), Le Soir etc
  • 2 rencontres sont encore au programme des prochaines semaines : La Libre Belgique et le Luxemburger Wort.
  • Nous n'avons pas reçu d’échos positifs de médias néerlandophones tels que De Standaard, De Morgen, ... etc.
  • Les causes principales : manque de temps et peu d'intérêt pour ce type de rencontres, rencontres possibles si actualité importante en lien avec le développement de l'activité en Belgique (ces médias avaient d'ailleurs à l'époque tous réagis lors de l’annonce de l'ouverture du bureau bruxellois de PAM, si rencontre avec un CEO ou un spécialiste (économiste, gérant de fonds] « belge » (angle belgo-belge très apprécié, attention aux contacts jugés trop « commerciaux »],...


Nous avons contacté à plusieurs reprises ces médias et nous ne pouvons plus le faire actuellement, sous peine que cela soit perçu comme trop « harcelant » et donc contre-productif à long terme en terme d'image. A gérer avec précaution donc !

Pictet Wealth Management


- Nous avons intensifié les diffusions de textes issus de chez PWM. La presse belge et luxembourgeoise a également été invitée à la présentation des Perspectives H1 de Christophe Donay. Il a finalement été décidé de ne pas organiser de déjeuner de presse à Luxembourg pour les 25 ans de la banque. Une rencontre exclusive avec le Wort a été mise en place, avec Pierre Etienne. Une visite du Prix Pictet a par contre été organisée, en collaboration avec le Cercle Cité.

Revue de presse

Au 31/10/2014,172 articles ont été identifiés.
Vous trouverez ci-après la revue de presse complète.
En Belgique, 131 articles dont 76 PAM et 55 PWM.
Au Luxembourg : 41 articles dont 16 PAM et 25 PWM (dont 6 retombées dédiées au Prix Pictet],

Les articles sont issus des grands médias, principalement issus du Tier 1 et 2 identifiés dans le mapping Presse réalisé en début d'année.

Pour la suite...

Nous préconisons tout d'abord de continuer, sur le même rythme, les communications pro-actives vers les médias.

D’ici fin de l'année, à l’échéancier, nous avons encore des rencontres journalistes avec le gérant du nouveau fonds « AGORA » en novembre ainsi qu'une présentation de Perspectives avec Christophe Donay.

Continuer les rencontres informelles avec Bruno et Karel (les 2 au programme et éventuellement d'autres en Belgique ou au Luxembourg).

Continuer à renforcer les liens entre Backstage et les personnes-clefs chez Pictet par le biais de contacts réguliers et sur la base de reportings fréquents.

Nos suggestions :

Organisation d’un voyage de presse à Genève pour les principaux journalistes belges et luxembourgeois.


  • Mise en place, comme dans d’autres grandes banques, d’un grand événement Presse annuel avec invitation de la presse via les différentes agences qui travaillent pour vous dans le monde (il s’agit de « grand messe » souvent fort suivies et appréciées des journalistes)
  • Organiser des rencontres en 1 to 1 avec des gérants de fonds ou des experts de passage Bruxelles ou au Luxembourg
  • Inviter la presse belge et luxembourgeoise à participer aux conférences téléphoniques organisée régulièrement par PAM France ou proposer ce type de rendez-vous spécifiquement pour la presse belge
  • Organiser d’autres rencontres privilégiées avec Pierre Etienne à Luxembourg cf celle organisée récemment avec Daniel du WORT pour les 25 ans de la banque (il est partant de son côté cf ma discussion avec lui à cette occasion).
  • Développer la présence et l’activité sur Linkedln et Twitter
  • Mise en place d’un déjeuner annuel avec un associé en Belgique
  • Mise en avant de Pierre Etienne vis-à-vis des médias belges, en axant sur le rôle important que joue la banque luxembourgeoise au sein du groupe Pictet
  • Mettre en place en complément une stratégie d’achats d’espace médias en Belgique afin d’augmenter la visibilité de Pictet. Pour rappel, nous avons le statut d'agence reconnue par le CER pour pouvoir gérer ces achats en votre nom.



Backstage communication : La boite de com sur son site affiche clairement la couleur :

"Créée en novembre 2007 par Olivier Duquaine, Backstage Communication est une agence de communication sur mesure. Une structure souple et une équipe flexible œuvrent, en coulisses, en vue d’optimiser vos relations publiques au quotidien et de rendre efficiente votre communication en général. Avec Backstage, nul doute que les projecteurs se braqueront rapidement sur vous.

Nos qualités :
expérience, expertise multi-secteurs, rigueur, créativité, dynamisme et polyvalence"


Reporting dans la presse

C'est une des pages sur la centaine que j'aime et qui en dit long ... Quand j'aurais le temps, je publierais les noms des journalistes et des médias qu'on peut s'acheter grâce a Backstage communication.


Backstage communication







08/11/2014

made in Belgium

Made in Belgique



Made in Belgium


C'est développé en Belgique, créer en Belgique, mais c'est fabrique en Pologne avec une étiquette made in belgium et ça se retrouve sur le marché belge. De plus en plus de consommateurs préfèrent acheter local, par exemple des produits avec le label made in Belgium ou avec le drapeau belge sur l'emballage. Les produits local peut être un solide argument de vente. Mais attention certaine marque brouille les pistes avec des étiquettes mensongères. Les produits qui porte le label MIB peuvent être des barres de chocolat dont ont ignore la prévenance des matières premières ( par exemple Cote d'or, produit Mignonnette fabriqué en Pologne) jusqu'aux vêtements dans les boutiques de mode qui sont crée en Chine, Pologne en passant au supermarché ou l'ont affiché le logo du pays en trois couleurs avec l'intitulé made in Belgique. Il existe des produits mêmes sur le marché belge, de la mousse de chocolat liégeoise avec le drapeau belge avec au dos écrit en tout petit fabriqué en France chez Lidl. En revanche certaines sociétés font tout pour produire en Belgique et font tout pour garder le produit sur notre sol, mais c'est l'exception qui confirme la règle avec les valises Samsonite. D'autre vendeur de vêtements belges avec une étiquette bien belge avec écrit dessus made in Belgique, fabrique leurs vêtements en Pologne pour les vendre en Belgique avec écrit dessus made in Belgique. En électroménager avec une part de marché confortable ont retrouvé FRIFRI une marque qui vend des friteuses ou l'ont affiche en gros sur la friteuse le drapeau belge, alors que le produit est fabriqué en Chine et assemblé en kit en Wallonie.
Grosso modo en Belgique les entreprises vendent sous le faux label MIB, avec le vrai marketing derrière pour attirer les clients à gogo. Mais il existe un minuscule pourcentage de produit MIB sur le marché belge qui est noyé dans un marketing mensonger creer par des fraudeurs sur le marché. Seul face aux étiquettes, emballage et mention qui joue sur l'origine du produit, le consommateur ne voie que du feu. À cause des fraudeurs et des arnaqueurs, le label MIB est devenu mensonger sur l'origine comme sur la qualité du produit.






Décryptage : Au niveau de la législation, il n’y a aucune obligation de mentionnée sur le produit le pays de fabrication sauf dans certain secteur bien précis, la viande bovine, les fruits légumes, l'huile d'olive. Donc si vous voyez le label MIB sur les autres produits, c'est juste un slogan publicitaire. Les contrôles et poursuites sont très rares pour les contrevenant en Belgique, l'état et les services publics n'applique pas la loi contre les fraudeurs du label made in Belgique. Il n'existe aucune instance de contrôle et aucun certificat n'est délivré par les régions ou bien par le ministère du Commerce pour contrôler les fabricants et les marques qui trompent le consommateur qui pensent acheté du made in Belgium. Le label n'est absolument pas protégé contre les margoulins qui l'utilisent avec l'image de l'Atomium par exemple, c'est donc la porte ouverte aux arnaques. En tout cas il existe un marché à prendre pour une certification des produits MIB. Au final, il existe quand même quelque repère qui garantisse l'origine belge d'un produit. Les seuls produits belges qui sont vendus sur le marché portent le label AOP, appellation d'origine contrôlée par l'Afsca. Ses produits ne concerne qu'une quinzaine de produits et on trouve l'étiquette AOP sur des produits alimentaire, mais là il n'y a pas de triches, car toute la filière est contrôlée.


25/08/2014

Formation universitaire

Master en Community management

Envie d'étudier pour devenir Gestionnaire de communauté, l'université de Liege vous propose des études universitaires qui vous donneront un diplôme. En partenariat avec Google et compagnie soi-disant ...




Master en Community management













22/07/2014

Le Web, un territoire à explorer

Les évolutions du Web


Internet, le Web... Avant toute exploration, il est nécessaire d’en savoir un minimum au sujet du territoire sur lequel on s'aventure. Voici quelques éléments (ou rappels) pour vous aider à mieux appréhender le Web et son étendue.

Le Web dit 2.0


Après les années 2000, le Web a subi une transformation majeure. Dale Dougherty de la société O'Reilly Media inventa le terme «Web 2.0 » pour décrire cette (r)évolution. On désignait ainsi les nouveautés suivantes, qui placent l'internaute au cœur de la création de contenu web.

Le tout-en-ligne: avec l'apparition du Cloud Computing (ou informatique dans les nuages), de nombreuses applications interopérables sont disponibles en ligne (bureautique avec Google Documents, par exemple). Alors qu'auparavant, les logiciels s'installaient en local sur votre poste de travail ou dans une architecture dient-serveur dans le cadre d'une organisation professionnelle, ils sont désormais délocalisés sur d'énormes serveurs distants et accessibles via le Web, qui devient ainsi une sorte de nouveau système d'exploitation.

De nouvelles technologies plus conviviales et plus interactives (exemple : Ajax), des systèmes de publication plus faciles à utiliser (CMS, plates-formes de blogs...). Ces technologies permettent à l'utilisateur de produire lui-même des contenus; ils classent l'information via des tags, en vue de davantage de partage et de collaboration. Cette évolution voit son apothéose avec l'avènement des réseaux sociaux (Facebook, Twitter_.).

L'abonnement par des formats de syndication (RSS ou Atom) permet de s'abonner à un site et de recevoir ses actualités via un agrégateur de flux.

Les mash-up représentent une agrégation de contenus en provenance d'autres sites pour le mettre sur un nouveau. Par exemple, de nombreux sites web utilisent Google AAaps pour géolocaliser des lieux.

Vers un Web sémantique ?

Le Web actuel se trouve marqué notamment par le développement de l'Internet mobile (via les téléphones portables surtout) et la géolocalisation.

De façon générale, actuellement, le Web s’oriente de plus en plus vers ce que certains appellent le Web sémantique, c'est-à-dire le Web des données.

Les dernières avancées technologiques, comme les puces RFID (Radio Frequency Identification), permettent la réalité augmentée. Quant aux codes-barres en deux dimensions, ils permettent, apposés sur un support papier que l'on scanne avec un smartphone, de visionner une vidéo, par exemple.



Qui produit du contenu sur le Web ?
Le règne des experts

À l'origine, le Web était principalement utilisé par des universitaires, à des fins de documentation. Petit à petit, d'autres professionnels ont investi la Toile. Durant cette période, l'information était donc distillée de une vers n personnes sans interactions possibles (ou presque, par exemple par e-mail). De même, celle-ci était normalement validée avant d'être publiée. Bref; bien souvent, l'information provenait d'experts et était donc a priori valide.

L'expert, c est vous... ou presque

Par la suite, tout un chacun a pu produire du contenu web facilement et à moindre frais. De ce fait, le nombre de données présentes sur la Toile a explosé. Ce contenu de provenance parfois inconnue doit dans ce cas d'autant plus être vérifié.

L'explosion des sources de données
Avec la multiplication des technologies, les données présentes sur le Web proviennent désormais de multiples sources : appareils de géolocalisation, puces RFID, codes-barres 2D, etc. Il ne s'agit donc plus tant de contenu produit et construit par l'être humain que de données, plus ou moins contrôlées par leur émetteur.

Le Web pourvoyeur d'infobésité ?

Outre la quantité phénoménale des données mises à disposition sur le Web, l'information y est de plus hétérogène et fragmentée, de par la multiplicité de ses sources, de ses formats, de sa nature, ou encore, par les différentes manières d'y accéder.

Multiplicité des sources: comme nous venons de le voir, les données peuvent provenir aussi bien d'ertreprises, d'associations, de particuliers... La démocratisation des outils de publication et les fonctionnalités sociales du Web ont renforcé ce processus.

Les données peuvent revêtir différentes natures (étude de marché, article, etc.) et de multiples formats et supports : texte, son, image, vidéo».

L'accès à l'information peut se faire de différentes façons: via un moteur de recherche, un réseau social, etc.

Les données peuvent très bien être structurées (exemple : une base de données) ou non.

De plus, sur cet espace international et multilingue qu'est le Web, la langue reste pour certains une barrière pouraccéder aux contenus. Par ailleurs, les caractères non latins ne sont pas toujours bien pris en compte. Enfin, même si les traducteurs en ligne ont fait de merveilleux progrès, leurs traductions restent tout de même assez limitées au niveau du sens.

Enfin, les contenus présents sur le Web sont en perpétuelle évolution. Certaines pages (voire des sites web entiers) disparaissent à jamais, d'autres sont mises à jour, régulièrement ou non. À ce jour, aucune politique d'archivage systématique et exhaustive du Web n'existe. En particulier, les liens hypertextes ne sont pas toujours mis à jour, engendrant de nombreux liens morts, problématiques pour la navigation et la recherche.

Topologie du Web : question de forme ou de fond ?

Afin d'explorer l'immensité du Web, essayons d'en dresser, ne serait-ce qu'à grands traits, une topologie (littéralement «étude du lieu »), en essayant d'identifier les différents sites rencontrés : en fonction de leur forme d'abord (site statique classique, blog, réseau social, application».), mais aussi en fonction de la nature de l'information qu'ils fournissent (presse, e-commerce, service en ligne, site perso...). On remarque d'ailleurs que les frontières ne sont pas étanches entre ces différentes catégories : la plupart du temps, la nature de l'information offerte est très liée à la forme du site, et un même site peut exploiter différentes formes et fonctionnalités (pages statiques, fonctionnalités sociales, applications en ligne, etc.). Quoi qu'il en soit, identifier le type de site peut fortement aider à en appréhender la valeur et l'utilité du contenu pour votre veille.

Jusqu où s'étend le Web ?

Première question que se posera l'explorateur : mais quelle est l'étendue de ce nouveau territoire? Les résultats obtenus via un moteur de recherche classique comme Google ne sonde qu'une partie infime du Web total. En effet, en raison de plusieurs paramètres que nous expliciterons plus tard, « À la recherche du Web perdu... », les moteurs de recherche n'indexent pas la totalité des ressources disponibles sur le Web. Pourtant, elles restent accessibles en ligne. Cette partie du Web est parfois nommé le Web invisible, encore appelé Web profond.

Par opposition, le Web visible est constitué de toutes les ressources indexées par les moteurs de recherche.


Les sites « traditionnels »
Sites vitrines d'une entreprise ou d'une organisation

Très courants, ces sites font exister une entreprise (ou un indépendant) ou tout autre type d'organisation (association, organisation internationale, service public, etc.) sur la Toile, en présentant ses activités et toutes autres informations quelle jugera utile de transmettre au public. Selon qu'ils soient destinés à vendre ou à informer le public, ces sites pourront également fournir divers services et renseignements à l'utilisateur.

Les sites institutionnels, garants de la parole officielle
La plupart des institutions publiques disposent d'outils web variés pour diffuser des informations. A priori, le contenu publié par elles sera validé par une lourde chaîne hiérarchique. Naturellement, il reflétera la politique officielle de l'institution.

Avec l'apparition de I’Open Data, certaines constitueront également un réservoir de données important.

Les bibliothèques et bases de connaissances
De plus, avec l'avènement d'Internet, les bibliothèques retrouvent leur rôle de diffuseur de connaissances. La plupart d'entre elles ont ainsi migré la recherche de leur fonds documentaire sur le Web. Des bibliothèques en ligne proposent des ouvrages numérisés (notamment les livres tombés dans le domaine public). Certaines bibliothèques sont même totalement en ligne, comme Gallica.
Les encyclopédies et dictionnaires en ligne constituent également des bases de connaissances importantes. L'encyclopédie la plus connue du grand public reste certainement Wkipédia, qui fonctionne de manière collaborative. Les encyclopédies traditionnelles proposent elles aussi désormais une version en ligne, avec parfois un accès payant. Quant aux dictionnaires en ligne, on en trouve de toutes sortes. Certains sont génériques comme Mediadico, d'autres se consacrent aux langues ou à des domaines spécifiques : synonymes, argot, dictionnaires professionnels, etc.

Vers une éducation en ligne

De nombreuses institutions scolaires offrent des contenus pédagogiques en ligne. Désormais, chaque école ou presque dispose d'un site web. Certaines universités proposent également leurs cours en podcasts (audiodiffusion).

Les portails

Un portail informatique est un type de site web qui regroupe les accès vers d'autres sites web, le plus souvent sur une thématique donnée.

Les sites personnels : une réalité encore bien présente sur le Web
Les particuliers continuent de produire du contenu sur le Web. La plupart des FAI (fournisseurs d'accès à Internet) offrent en effet un hébergement compris dans leur forfait d'abonnement.

De plus, les logiciels pour publier du contenu web se sont démocratisés et il est désormais également possible de créer un site avec une application en ligne. Plus aucune excuse pour ne pas s'exprimer sur le Web. Ces sites contiennent donc le pire comme le meilleur. Le veilleur devra prêter attention à bien vérifier ce contenu.

Les sites d'e-commerce ont le vent en poupe

La plupart des entreprises marchandes disposent désormais d'une boutique en ligne pour vendre leurs produits. Le nombre de sites commerciaux croît de façon exponentielle, le Web représentant pour beaucoup un nouvel eldorado. Dans un certaine mesure, les sites commerciaux occupent de plus en plus les premières pages des résultats des moteurs de recherche (notamment via les liens sponsorisés). Ces sites seront particulièrement à surveiller dans le cadre d'une veille concurrentielle, d'image et technologique.

La migration à marche forcée des médias traditionnels

La plupart des médias traditionnels (télévision, radio, presse écrite) ont migré de gré ou de force sur le Web, en utilisant ses possibilités multi-médias (streaming vidéo pour la télévision, podcasts pour la radio.-). La segmentation des marchés de ces médias s'est ainsi accrue et chaque service se spécialise dans un domaine et sur un public cible. Bien souvent, cette migration s'est accompagnée de fonctionnalités supplémentaires, comme la rediffusion pour les télévisions sur Internet, ou de fonctionnalités sociales (voir section suivante), destinées à faciliter le partage de l'information par ses utilisateurs.
Par ailleurs, à côté des acteurs traditionnels, le Web offre la possibilité à chacun d'investir un média en ligne, par exemple, lancer sa propre webradio.

La majorité des titres de la presse écrite se retrouve également en ligne. La plupart ont fait le choix du gratuit. Toutefois, certains conservent un accès payant à leurs archives ou à certains articles ou dossiers traités plus en profondeur. La presse en ligne sera le terrain de prédilection pour réaliser une veille d'image et concurrentielle.

En avant pour le Web social

Hormis les sites classiques, le plus souvent statiques et informatifs à sens unique, le Web s'est enrichi de toute la sphère que l'on nomme «Web social » (ou « 2.0 ») : réseaux sociaux, blogs, microblogs, wikis, etc. Les contenus sont désormais voués à être partagés et commentés.

Réseaux sociaux, pour le meilleur et pour le pire

Le réseau social constitue avant tout un concept sociologique. Il représente des entités sociales (individus, organisations) reliées entre elles lors d'interactions. Le réseau social en ligne, quant à lui, constitue une catégorie de sites web qui offre la possibilité à ses membres d'interagir entre eux, donnant ainsi naissance à un réseau social. Le plus connu d'entre eux ? Facebook, naturellement. Avec le temps, le marché des réseaux sociaux s'est segmenté : réseaux généralistes, professionnels, rencontres, etc.

Face aux géants du secteur, l'offre s'est ensuite segmentée encore davantage pour aboutir à une hyperspécialisation. Des réseaux sociaux se sont montés par exemple sur l'hyperlocal,qui est une tendance en hausse dans la plupart des services du Web. Le facteur de proximité géographique permet en effet de tirer son épingle du jeu par rapport aux acteurs dominants dans un secteur donné.

Les plates-formes de partage de contenus
La plupart des outils du Web social ont fondé leur succès sur la notion de partage. Ainsi, les internautes peuvent échanger autour de contenus divers comme la vidéo, les photos, la musique, etc., de produits ou encore de lieux, avec la généralisation des outils de géolocalisation.

Ainsi, le Web actuel constitue un vaste réservoir de contenus. Pour chaque type de contenu (ou presque), des plates-formes en ligne se sont créées pour partager le plus souvent un type de contenu spécifique. Dans le futur, nous verrons comment trouver facilement tout type de contenu. En fonction des droits attribués par le propriétaire du fichier, le webmaster pourra le publier sur son propre site via un code à embarquer.

Les services de curation
La curation est un concept en plein essor. Elle s'apparente à une sorte de « revue de presse » du Web.

Une curation porte généralement sur une thématique donnée. Elle se déroule en 3 étapes :

  1. sélection du contenu ;
  2. édition de l'information ;
  3. partage de l'information à son réseau.

Expression libre : du journal intime au blog
Le blog représente une catégorie particulière de sites web. Il est constitué de billets (ou posts, en anglais) présentés sous forme antéchronologique, c'est-à-dire du plus récent au moins récent. Les lecteurs internautes sont invités à interagir avec le contenu via un système de commentaires (modérés a priori ou a posteriori). Au début, la plupart des blogs représentaient des journaux intimes. Par la suite, ils se sont professionnalisés, au début sur un ensemble de thématiques qui intéressaient l'auteur, puis ils se sont spécialisés dans un domaine particulier pour la plupart.

Dans l'air du temps : le microblogging
Comme son nom l'indique, le microblog est un blog avec des messages plus courts. À ce jour, Twitter reste le plus connu. Il permet de publier et de s’échanger des messages courts appelés tweets, dans le cadre d'un réseau social en ligne.

De nouveaux services web collent un peu mieux à la définition qu'on se fait d'un blog. Tumblr en fait partie. Il permet de publier des articles courts accompagnés de contenus multimédias : images, vidéos, etc.

Le wiki : une écriture à plusieurs mains
Le wiki est une forme de site web où le contenu est modifiable par tout ou une partie des utilisateurs. Le wiki a été popularisé notamment par l'encyclopédie en ligne Wikipédia.

Votez pour votre préféré : les Digg-like

Les Digg-like sont des applications où l'intemaute propose et vote pour du contenu.

Les forums
Très populaires avant le Web social et encore très actifs sur des thématiques spécialisées, les forums constituent un espace d'échanges autour d'une thématique particulière. Par exemple, le forum du site Abondance fourmille d'informations concernant les moteurs de recherche.

Les plates-formes de commentaires
Vous arrive-il de déposer des commentaires par rapport à un article publié en ligne puis de les oublier ? Il existe des services web comme Disqus pour assurer leur suivi.

Les plates-formes d'agrégation

Certains services web proposent également d'agréger du contenu provenant d'autres plates-formes (Facebook, Twitter, blogs, etc.).

Les jeux en ligne
Internet représente également un vaste terrain de jeux, qu'il s'agisse des jeux classiques comme Space Invaders, que l'on trouvera sur des plates-formes telles que Doof ou Pogo, ou les jeux sociaux, comme Zynga ou Mytopia. Les plus populaires restent sans doute les jeux en ligne de stratégie ou de combat, et notamment les jeux de rôles massivement multijoueurs (MMORPG) comme World of Warcraft.

Les outils de recherche

Trois types d'outils permettent actuellement de lancer des recherches sur le Web : les moteurs de recherche, les annuaires et les métamoteurs.

Les moteurs de recherche

L'indexation des pages web est réalisée par des robots. L'interrogation passe par des requêtes portant sur un terme contenu ou associé à la page (voir le chapitre 4, « La puissance des moteurs de recherche »).

Les annuaires

Contrairement aux moteurs de recherche, les annuaires sont gérés par des humains. Les webmasters doivent soumettre leurs sites pour qu'ils soient référencés. Naturellement, toutes les demandes ne sont pas forcément exaucées: des choix éditoriaux sont exercés. Les annuaires indexent uniquement les références des sites. La navigation passe par une arborescence de catégories, mais aussi par la recherche par termes.

En réalité, les annuaires ont quasi disparu de la surface du Web, laissant place aux moteurs de recherche. Certains subsistent comme Dmoz (http:// www.dmoz.org) ou Yahoo! Directory (kcp://dir.yahoo.com), pouvant apporter une recherche complémentaire.

Les métamoteurs

Ils permettent de lancer des recherches sur plusieurs moteurs simultanément

Outils Les applications et services en ligne

Autre catégorie de sites web un peu à part (car non pourvoyeuse d'informations directement), les applications en ligne proposent (souvent gratuitement) des services équivalents au logiciel à installer sur votre ordinateur. Par exemple, au lieu d’utiliser une suite bureautique en local comme Microsoft Office, vous pouvez utiliser Google Documents. Pour remplacer les logiciels de messagerie, il existe des web-mails (Hotmail Yahoo!..), etc. Dans la mène catégorie, on peut aussi placer les plates-formes de blogsen ligne comme WordPress.com ou OverBlog.

Naturellement pour utiliser ces services, vous devez disposer d’une connexion Internet. Par contre, vos données sont stockées sur un serveur tiers, ce qui peut poser, le cas échéant, des problèmes de confidential ité. D’autant plus que l’accès se fait le plus souvent par une authentification par identifiant et mot de passe. Ces outils pourront, pour la plupart, servir aux veilleurs pour collaborer.


21/07/2014

La veille strategique

Préparé sa veille




Veille strategique



Être bien informé, ce n'est pas savoir un petit peu sur tout, mais tout savoir sur peu - à condition que ce peu soit essentiel.

Qu'est ce que la veille ?
« La veille est un processus informationnel volontariste à travers lequel l'on recherche des informations à caractère anticipatif concernant l'évolution d'une activité, de connaissances ou d'un environnement particulier. L'objectif de la veille est de déceler des opportunités et de réduire les risques liés à la non-maîtrise de l'avenir.»

La veille ne représente pas simplement une activité pour se tenir au courant. Elle remplit désormais une mission à part entière présente dans la plupart des emplois professionnels. Rechercher (et trouver!) de l'information sur le Web nécessite toutefois des compétences certaines dans différents domaines : outils de recherche et leur syntaxe, évaluation et validation de l'information, organisation et classement des résultats, etc.

Enfin, au-delà des besoins du seul veilleur, les possibilités de diffusion de l'information et de collecte collaborative ont été décuplées par l'apparition d'un Web plus social, propre à les encourager.

À qui s'adresse la veille et quel est son objectif ?

Il  n'est pas destiné au professionnel de la veille ou de la documentation, déjà rodé à ces thématiques et disposant d'outils et techniques plus élaborés. Je ne me veut pas non plus être une bible exhaustive des outils de veille disponibles en ligne. Plus simplement, je présente des principes de base, quelques astuces et conseils, et surtout, une sélection de logiciels utiles, à mon avis, pour le professionnel amené, quel que soit son domaine d'activité, à effectuer une veille régulière sur Internet, sans pour autant y avoir été formé.

Bien souvent, en effet, nous nous retrouvons fort dépourvus face au nombre de logiciels disponibles sur le Web, à cette avalanche d'applications souvent gratuites, chacune délies présentant des fonctionnalités toutes plus intéressantes les unes que les autres. Les essayer toutes représenterait un temps considérable.

Préparé sa veille

Mettre en place un dispositif de veille suppose au préalable de connaître certains outils et certaines techniques.

Dans cette prochaine partie, après avoir dressé un panorama du Web et de son étendue, nous verrons comment bâtir un plan de veille efficace notamment grâce au Map Mapping.






23/06/2014

Offre d'emploi de consultant en intelligence strategique

Intelligence stratégique


En Wallonnie ont recrute des "consultant" diplômé en intelligence stratégique IS. Ne vous fiez pas trop a l'annonce, si vous savez de quoi vous parlé ont vous prendra quand même. Le niveau chez eux n'est pas trop élevé, j'en connais parmis eux qui n'ont pas le diplôme et ils sont engagé grâce au pistonnage ;-)



Recrutement en intelligence strategique




01/06/2014

Marketing et performance

Des résultats en échange de l'argent



Marketing a la performance



Ne payer que ce qui rapporte: c’est le prérequis, légitime, de toute stratégie marketing sur Internet. Pour ce faire, les annonceurs disposent de techniques diverses et complémentaires.

Sur Internet, tout se mesure. Le postulat n’est pas nouveau. Pour autant, nul ne peut nier que l’évaluation de l’efficacité des campagnes en ligne s’est considérablement complexifiée avec l’explosion des technologies numériques et la digitalisation galopante des comportements de consommation. 
En 2013, les ventes sur Internet ont encore progressé en France, dépassant 600 millions de transactions (+17,5% par rapport à 2012) et 51 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+13,5%). Plus massivement présentes sur les écrans numériques, les marques sont également de plus en plus exigeantes quant à la viabilité de leurs investissements.

Le marketing à la performance regroupe tous les leviers actionnables en ligne pour accompagner et stimuler en temps réel le parcours de l’internaute en fonction d’objectifs qui, s’ils sont atteints, détermineront la rémunération des prestataires ou partenaires, celle-ci pouvant se calculer sur différents modèles.

Logique de retour sur investissement (ROI) oblige, le marketing à la performance représente l’un des premiers postes budgétaires de communication en ligne des annonceurs. «Et la tendance ne pourra que s’accélérer avec le développement des fonctionnalités mobiles, essor de la géolocalisation et, demain, des objets connectés», précise Olivier Mazeron, président de Group M Interaction.

Reste que face à la jeunesse des expertises du marketing à la performance, les annonceurs et leurs prestataires sont encore dans une logique d’apprentissage tous azimuts. La plupart des campagnes mobilisent aujourd’hui plusieurs ressorts de front et le grand enjeu du marketing à la performance tient à la capacité des uns et des autres à pouvoir isoler précisément la contribution de chaque levier à la performance globale des campagnes. Et à ne pas oublier qu’il s’inscrit dans une stratégie de communication.

Concilier données médias et CRM

«Le marketing à la performance ne fera jamais de miracle s'il n'est pas adossé à un travail de fond sur la notoriété. Pire, il peut même rapidement s'avérer dommageable en termes d'image».  Si on le projette au bout de sa logique, le marketing à la performance vise à concilier données médias et données CRM. Performics (Publicis Groupe) a ainsi récemment lancé Live Profiler, un outil de ciblage en temps réel faisant dialoguer données de navigation (anonymes) et informations liées au comportement du client (personnalisées). Tour d’horizon des techniques employées.


Le Search
Passeport obligé pour les moteurs de recherche

Un site ne va monter «naturellement» dans des moteurs de recherche qu’à partir de trois à six mois d’existence. Et il lui sera difficile d’apparaître en première page de Google avant une année. Pour être visible sur les pages des moteurs, il lui faut donc, dans un premier temps, passer par du référencement payant, ou search engine marketing (SEM), via l’achat de mots-clés. Des mots-clés, il s’en vend à tous les prix: de 0,10 euro le clic pour des aspirateurs industriels à 2 euros le clic pour du rachat de crédits. Le SEM est conseillé pour une visibilité immédiate et garantie. Seules les marques les plus installées peuvent se passer de référencement payant et se contenter d’un référencement naturel, ou search engine optimization (SEO), qui consiste à disséminer des mots-clés dans le site pour augmenter sa présence dans les moteurs de recherche.

Le SEO relève d’un travail récurrent, à long terme, indispensable à la survie d’un site. Selon l’Observatoire de l’e-pub du Syndicat des régies Internet (SRI), le search a poursuivi sa croissance en 2013 (+5%) et consolidé sa place de numéro un dans le mix digital. Il représente un chiffre d’affaires de 1,67 milliard d’euros, soit 58% du marché de la publicité en ligne en France. L’étude montre en outre que les annonceurs recherchent un équilibre entre référencement payant et référencement naturel dans leur stratégie d’acquisition.

Le display
Explosion des enchères en temps réel

Le display vise à faire connaître une marque ou une offre via l’achat de bannières publicitaires pour générer du trafic vers le site de l’annonceur. S’il est quasiment un passage obligé pour générer rapidement de la notoriété en ligne, le display est plus difficile à maîtriser qu’il n’y paraît car les taux de clic sont extrêmement élastiques selon les campagnes. Les performances varient selon le format (468x60,728x90,300x250...), son emplacement sur la page, le choix créatif et la durée d’affichage, mais aussi en fonction du capital de notoriété ou de sympathie de l’annonceur. En moyenne, les taux de clic restent très faibles, ne dépassant pas 0,10-0,15%.

Les annonceurs peuvent également opter pour le real time bidding (RTB), en achetant des publicités auprès de «trading desks» d’inventaires en temps réel afin d’augmenter la performance de leurs campagnes. Le display, qui interagit principalement en amont du processus de conversion et de transformation, reste l’un des leviers les plus difficiles à mesurer. Même si «l'une des grandes nouveautés du marketing à la performance tient sans doute à la possibilité de mesurer la visibilité des bannières non cliquées. Il est désormais possible d’estimer leur contribution aux ventes post-impression».

Deuxième segment en valeur de la publicité en ligne, le display maintient sa croissance en 2013 (+2%), avec un chiffre d’affaires de 753millions d’euros, soit 26% du marché, selon le SRI. La dynamique de ce segment s’observe dans la forte croissance du display vidéo (+32%) et la part accrue du RTB (+125%) qui, en 2013, atteint 16% des investissements publicitaires, ainsi que le déploiement du display sur mobile et tablettes, qui représente 10% du display pour 79 millions d’euros investis.

L’e mailing
Le chouchou des internautes français

L’e-mailing à la performance consiste à envoyer un maximum de courriels par l’intermédiaire de partenaires et prestataires qui vont monétiser leur base de données en fonction d’un objectif établi. Les bases de données monétisées sur la performance se comptent par centaines, auprès d’acteurs généralistes ou spécialisés du marketing en ligne: Axciom, 1000 Mercis Group, Predictys, etc.

Si l’e-mailing reste le média préféré des Français pour suivre l’actualité et les offres d’une marque (source Syndicat national de la communication directe), il est aussi le premier levier en termes de taux de clic, de taux de conversion et de ROI. À condition de respecter certaines précautions: la définition précise des objectifs, la qualité des éléments de forme et de fond du message (objet, graphisme, incentive, visuels...), l’attention portée à la délivrabilité, l’optimisation de la «landing page» et du tunnel de transformation, l’analyse fine des résultats via tous les indicateurs de performance (taux d’ouverture, de clic et de transformation). Avec un chiffre d’affaires 2013 de 94 millions d’euros, l'e-mailing publicitaire connaît un léger recul de 1% (par rapport à 2012).


Le retargeting
Déclinaison très aboutie de la publicité comportementale

Le «retargeting», ou reciblage, peut prendre deux formes: retargeting publicitaire et e-mail retargeting. Dans les deux cas, il s’agit d’adresser un message spécifique à un internaute ayant visité un site. Déclinaison la plus aboutie de la publicité comportementale, le reciblage publicitaire vise à faire revenir l’internaute sur le site qu’il a quitté sans acheter. Premier e-marchand à avoir développé cette technique, Amazon assurerait aujourd’hui plus de 30% de ses ventes de cette façon.

Inspiré des principes du reciblage publicitaire, l’e-mail retargeting repose sur l’identification, au travers de cookies, de visiteurs dont on possède l’e-mail et l’autorisation d’usage associée. L’analyse en temps réel de leur navigation va permettre de leur envoyer automatiquement un courrier commercial, pour augmenter ou accélérer la transformation. L’e-mail retargeting, qui représente 10% du marché de l’e-mailing publicitaire, est surtout utilisé pour la relance d’internautes ayant abandonné leur panier d’achat avant la transaction ou ayant visualisé une fiche produit sans aller plus loin.


Le site Under
Efficace, mais à utiliser avec modération

Le site «under» est une page d’accueil placée derrière une page visitée d’un site support et qui s’affiche après la fermeture de la fenêtre de navigation. En plongeant directement l’internaute dans le site de l’annonceur, cette technique répond à des objectifs de génération de trafic à moindre coût. Elle a d’ailleurs longtemps servi pour gonfler artificiellement l’audience et le classement de certains sites dans les données de panels. Considérée comme intrusive, peu qualitative en termes d’expérience de navigation et risquée en termes d’image pour les sites supports, elle a perdu un peu de son attrait, mais demeure encore très utilisée par des sites supports de second rang ou d’affiliation rémunérés à la performance. Le site under est également un levier intéressant pour des sites marchands cherchant à promouvoir un aspect moins connu de leur activité ou une filiale


LES SITES AFFINITAIRES

Des vitrines qualitatives

L’affiliation est basée sur une relation contractuelle entre un annonceur qui souhaite communiquer ou vendre et un diffuseur (aussi appelé affilié ou éditeur) cherchant à monétiser son trafic et/ou enrichir son contenu en insérant des contenus de l’annonceur. Le marché se partage entre de nombreux réseaux (Trade Doubleur, Zanox, Effiliation, etc.). Comparateurs, sites de contenus, blogs, places de marché... quelle que soit leur forme, les sites affinitaires ou affiliés sont des vitrines Web dont le positionnement ou l’audience présente un accord direct avec la cible, l’offre ou le secteur de l’annonceur. Ils offrent de ce fait un environnement qualitatif favorable à l’achat d’espaces publicitaires. Choisi en fonction de son trafic et/ou de la pertinence de son contenu, l’affilié sera rémunéré au prorata du chiffre d’affaires apporté. En 2013, l’affiliation a généré un chiffre d’affaires de 219 millions d’euros, en hausse de 1%.

LES SITES DE CASHBACk
Des aiguillons pour l’acte d’achat

Les sites de «cashback» se proposent de rétribuer les internautes qui achètent sur des sites affiliés. Cette rétribution est en fait une rétrocommission sous forme de «cash», d’épargne ou de bons de réduction. Les plates-formes de cashback constituent et animent ainsi d’importantes bases d’internautes, qui sont autant de viviers d’acheteurs captifs pour les cybermarchands.

LES COMPARATEURS DE PRIX
Prisés des internautes avec de forts taux de conversion

Créés par des prestataires, qu’ils soient généralistes ou spécialisés, ou bien par des distributeurs, les comparateurs de prix (comme Leguide.com, Kelkoo.fr, Twenga.fr, Achetezfacile.com, etc.) permettent à l’internaute, lors de la recherche d’un produit, de mettre en balance les offres proposées par les sites ou les distributeurs et d’acheter le produit au meilleur prix. Ainsi, 60% des internautes utiliseraient régulièrement les comparateurs de prix avant d’effectuer un achat. Ces derniers enregistrent des taux de conversion particulièrement élevés, compris entre 1% et 3% selon les plates-formes. À noter: le coût d’acquisition dépend très fortement de la qualité du catalogue de produits. Pour optimiser leur référencement, les commerçants doivent impérativement veillera actualiser en permanence leurs offres et leurs promotions.
En 2013, les comparateurs ont affiché une croissance de 1%, réalisant un chiffre d’affaires de 141 millions d’euros.

LA COREGISTRATION
Des adresses «opt-in» et affinitaires à moindre coût

La coregistration est une méthode de collecte d’adresses «opt-in» B to C peu coûteuse (de 0,15 à 0,50 euro par contact). Elle permet de recruter des contacts qualifiés et affinitaires par le biais de sites éditeurs tiers, comme Advertise me, Advertstream Direct, Base&Co ou encore Butineo, qui sont rémunérés par l’annonceur au coût par lead. La collecte se fait notamment au travers d’inscription à des newsletters ou de réponse à des invitations.
Si la coregistration semble assurer des taux de transformation intéressants, elle ne garantit pas pour autant la fiabilité des contacts. Les bases de données constituées requièrent donc un vrai travail d’animation.

LE SOCIAL MARKETING A LA PERFORMANCE
Le hashtag a son audience

Le hashtag, nouvelle valeur du marketing à la performance? La jeune société strasbourgeoise Black Angus vient de créer Houmus (www.houm.us), une plate-forme permettant aux marques de s’assurer un retour sur investissement sur les réseaux sociaux avec l’aide d’internautes ambassadeurs. «Le système fonctionne sur la base d’une rémunération des messages postés sur Twitter, Facebook ou Instagram par les internautes inscrits sur Houmus», explique Dan Posalski, cofondateur et PDG de Black Angus. Lancée début avril 2014 en bêta test privé, Houmus a déjà notamment séduit le Crédit mutuel, la région Alsace, Red (SFR) et Danone.




13/04/2014

Corruption en Guinée

Pots-de-vin et micros cachés autour d'une mine africaine




FBI corruption en guinée
image d'illustration 

Un businessman français avoue à la justice US qu’il a tenté d’effacer des traces de corruption pour l’octroi d’un fabuleux gisement de fer en Guinée.

EN annonçant, le 10 mars, à ses juges américains qu’il plaiderait coupable, l’homme d’affaires français Frédéric Cilins a provoqué un sacré coup de théâtre. La Cour de New York doit examiner une extraordinaire affaire de corruption internationale. Certains épisodes se sont déroulés en Guinée, d’autres aux Etats-Unis, ou encore en Suisse et en France.

Pendant des mois, et jusqu’à son arrestation, le 14 avril 2013, à l’aéroport de Jacksonville (Floride), le FBI surveillait Cilins, soupçonné de vouloir corrompre la veuve de l’ex-dictateur guinéen Lansana Conté. Pourquoi ? Parce que celle-ci, nommée Mamadie Touré, vivant aux USA, détenait des documents explosifs. Ils prouvaient que, du temps de sa splendeur, son mari avait accordé au groupe minier BSGK, moyennant pots-de-vin, la fabuleuse concession de Simandou, le plus vaste gisement de fer non exploité de la planète. Le bénéficiaire est une boîte plutôt spécialisée dans le diamant, et dirigée par le milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz.

Missionné par BSGR, Cilins tentait depuis des semaines de convaincre Mamadie Touré de détruire les papiers compromettants. Mais il ignorait que le FBI enregistrait chacun de leurs appels et de leurs discussions. Comme dans les polars, les flics avaient d’abord « retourné » la veuve pour la conduire à collaborer, puis l’avaient équipée de micros.

Mensonges sur la bande

Quand il a découvert la teneur des enregistrements, les échanges se déroulaient en français, le businessman français a vite compris qu’il n’avait pas le choix : il a basculé, lui aussi, dans le camp de la sincérité. Auparavant, Cilins avait farouchement nié toute mauvaise intention, et le groupe BSGR prétendait le connaître à peine. Mais certains dialogues enregistrés sont cruellement éloquents.

Exemple : Cilins, dont la société, basée aux îles Vierges, a déjà financé une propriété en Floride pour Mamadie Touré, lui promet 5 millions de dollars supplémentaires. Il ajoute :« Il y aura encore plus. Et, ça, c’est la communication qui m’a été donnée directement par le numéro 1. Je ne veux même pas donner son nom. » Puis, en chuchotant : « Beny (Steinmetz). « Un peu plus tard, il lui demande à son interlocutrice de signer un document certifiant que le groupe minier n’a jamais tenté de le corrompre. Lors d’une autre conversation, il lui a même dicté son texte : « Tu dois dire (au FBI) : “Je n’ai jamais touché le moindre centime. Je connais BSGR, mais j’ai rien à voir avec ça.” »

Mais, la priorité absolue, c’est de livrer au broyeur ou aux flammes les fameux papiers. Cilins ne cesse d’y revenir : « C’est un truc qui fait 28 pages. Personne ne sait qu’on a ça (...), c’est une bombe atomique pour toi (...), il faut détruire. Très très urgent (...), il faut tout détruire et nier. »
En comédienne consommée, la veuve joue la surprise et tend la perche à Cilins pour lui faire avouer un forfait avec lequel on ne plaisante pas, outre- Atlantique : « Vous me dites qu’il faut mentir à la (sic) FBI ? « Et son suborneur, après quelques répliques, tombe dans le panneau : « Bien sûr qu’il faut mentir. Sinon, tu peux faire une croix sur les Etats-Unis (et sur la carte de séjour). » Ce qui ne l’empêche pas de lui proposer de se mettre au vert quelque temps :« A ta place, je partirais dans la semaine à Freetown (Sierra Leone) (....), je veux t’aider à partir en Sierra... »

Le FBI sort les menottes

Lors de leur dernier entretien, alors que Mamadie Touré n’a toujours pas donné satisfaction au Français, les flics du FBI décident qu’ils en savent assez. La dernière transcription s’achève sur une phrase digne d’une série policière US. Alors que Cilins vient d’annoncer qu’il va vérifier l’horaire de son vol retour pour Paris, une voix nouvelle apparaît dans l’enregistrement et lui intime cet ordre sec : « Stand up. Put your hands behind your back » (« Debout, mains dans le dos »).

Confondu, Cilins déclarera devant la Cour fédérale de Manhattan : « J’ai proposé de l’argent à un témoin du gouvernement pour quitter les Etats-Unis afin d’éviter un interrogatoire du FBI. Je savais que c’était mal. » Ledit FBI, bien sûr, subodore que ces efforts n’émanaient pas d’un homme isolé.
Le « Wall Street Journal » le surnomme d’ailleurs « le lobbyiste de BSGR », et l’enquête américaine a débouché sur des perquisitions du groupe minier à Paris, à Londres et à Genève. Les juges qui travaillent sur l’affaire voudraient comprendre comment, en 2008, Beny Steinmetz a pu s’offrir, pour 160 millions, des droits de recherche sur le site guinéen de Simandou. Et revendre, deux ans plus tard, 51 % de ces droits au groupe brésilien Vale 2,5 milliards. Ces mesquins n’admettent pas qu’en Afrique on change parfois le fer en or.

Les deux clans croisent le fer

L’AFFAIRE de la mine de Simandou est aussi celle d’une lutte entre groupes et hommes d’influence, au plus haut niveau international. Quand il remporte la première élection pluraliste de Guinée, en décembre 2010, le socialiste Alpha Condé entreprend de remettre à plat l’économie et le Système des concessions minières. Comme l’a raconté « Jeune Afrique » (octobre 2013), son ex-condisciple de lycée Bernard Kouchner lui présente le milliardaire et spéculateur américain George Soros.
Intérêt ou philanthropie ? Celui-ci met à son service plusieurs ONG, qu’il finance, ainsi que le tout-puissant cabinet US d’avocats DLA Piper. L’ex- Premier ministre british Tony Blair se joint bientôt à la fine équipe. Laquelle va découvrir moult turpitudes minières commises par les prédécesseurs d’Alpha Condé, dont celles de Simandou.

De son côté, Beny Steinmetz, qui a perdu ses alliés à la tête de l’Etat guinéen, peut compter sur des soutiens au plus haut niveau en Israël (dont l’ancien Premier ministre Ehoud Olmert), et, en France, il entretient de bonnes relations avec des députés et ex-ministres UMP, comme Jean-François Copé, Claude Goasguen, Luc Chatel ou Patrick Balkany...

En mai 2013, lorsque Sarkozy est allé rencontrer le Premier ministre Benyamin Netanyahou et soutenir la candidature législative, pour les Français de l’étranger, de Valérie Hoffenberg (finalement battue), c’est Steinmetz qui a pris en charge une partie du voyage. L’UMP est pauvre, et la retraite d’un ancien chef d’Etat tellement chiche...


03/03/2014

Marché arabe

Comprendre les consommateurs du monde arabe


consommateurs arabe
La classe moyenne qui s’y développe aspire au progrès et à la modernité, mais elle ne souhaite pas abandonner ses traditions religieuses.


En 2005, la très discrète Arla Foods, le plus grand producteur scandinave de produits laitiers, était devenu un acteur majeur dans le monde arabe. Les marques de cette coopérative suédo-danoise, telles que Lurpak, Puck et l’éponyme Arla, dominaient les marchés du beurre, du fromage et de la crème au Moyen-Orient : cette année-là, ses ventes y atteignirent 550 millions de dollars, un record. C’est alors que les caricatures firent leur apparition.

Le 30 septembre 2005, le « Jyllands Posten », un journal danois, publia un article intitulé « Le Visage de Mahomet », accompagné d’une douzaine de dessins représentant le prophète de l’Islam de façon peu flatteuse. Cela mit en colère les musulmans du monde entier, et, en janvier 2006, des dignitaires religieux saoudiens appelèrent à boycotter les produits danois. En quelques jours, la plupart des détaillants du monde arabe retirèrent les produits Arla de leurs rayons. L’entreprise organisa alors une campagne de communication massive pour se distancer des caricatures, en insistant sur le fait qu’elle était implantée dans la région depuis quarante ans. Mais, bien que les dignitaires aient levé leur interdiction en avril, ses ventes de 2006 n’atteignirent que la moitié de leur niveau préboycott.

En 2008, dix-sept journaux danois publièrent de nouveau un des dessins controversés, juste au moment où les ventes d’Arla s’étaient presque rétablies. Elles s’effondrèrent donc une fois de plus, ce qui coûta à l’entreprise 274 millions de dollars. Arla fit tout pour se défendre, mais son chiffre d’affaires ne se redressa pas avant 2010 – un signe de l’importance de l’Islam sur les marchés arabes. De fait, cette influence est plus forte dans le monde arabe que dans d’autres nations à forte population musulmane, telles que l’Inde, l’Indonésie et le Bangladesh.

Depuis le 11 septembre 2001, la résurgence de l’Islam fait peur aux multinationales et les rend peu désireuses d’investir dans les vingt-deux pays qui composent la Ligue arabe. Selon un postulat stéréotypé, le monde arabe est une société fermée de mollahs et de militants favorables au djihad et aux fatwas, dont les dirigeants détestent les étrangers, et dont la jeunesse (hommes et femmes confondus) est incitée à mépriser la culture et les produits de l’Occident. Ajoutons les troubles politiques et les conflits armés des révolutions du Printemps arabe – qui ont chassé du pouvoir les chefs d’Etat en Egypte, en Lybie, en Tunisie et au Yémen – et il est facile d’en conclure que la région est instable, chaotique et peu propice aux affaires.

Comme beaucoup d’autres idées concernant le monde arabe, celle-ci est un fruit de l’imagination. Entre 2008 et 2010, j’ai voyagé dans dix-huit pays de la Ligue arabe. J’y ai étudié nombre de marchés et d’entreprises, et rencontré plus de 600 personnes -depuis des P-DG et des entrepreneurs qui travaillaient dans des gratte-ciel jusqu’aux clients des souks et des bazars. Tant les choses que j’ai vues que les rencontres que j’ai faites m’amènent à penser que le marché arabe n’est pas séparé du reste du monde. Les consommateurs ont les mêmes exigences que partout ailleurs, et, en dépit des bouleversements, les marchés de la région sont en croissance, connectés à l’économie globale et extrêmement concurrentiels.

Si la Ligue arabe était un seul pays, son PNB aurait atteint plus de 2300 milliards de dollars en 2011, ce qui en ferait la huitième économie mondiale, devant la Russie ou l’Inde. Le revenu par tête y atteindrait
6700 dollars, soit plus que celui d’un Chinois ou d’un Indien. D’autre part, plus de la moitié de la population a moins de 25 ans, ce qui en fait l’un des marchés mondiaux les plus jeunes.
L’attractivité de la région ne repose plus seulement sur le sommet de la pyramide économique. Une classe moyenne en pleine croissance, qui compte déjà plus de 150 millions de personnes (sur une population totale dépassant 350 millions d’habitants), est occupée à gagner et à dépenser ses revenus. La consommation privée représente 44 % de l’économie de la région, contre 35% en Chine (mais 56% en Inde). Il n’est donc pas étonnant que l’expert du Moyen- Orient Vali Nasr écrive dans «Forces of Fortune», son livre publié en 2011 : «Dans toute la région, une nouvelle économie se développe, qui mélange les valeurs locales et l’explosion de la consommation, et crée des liens plus solides avec l’économie mondiale. Et cette tendance n'est pas seulement aussi puissante et importante que la menace fondamentaliste, elle l’est bien plus encore.»

Les pays arabes ne sont à bien des égards pas différents du Brésil, de l’Inde et de la Chine d’il y a vingt ans : ils sont importants, complexes - et couramment méconnus. Mais ce qui rend le marché arabe plus compliqué, voire menaçant, c’est que l’Islam et la culture arabe y sont entremêlés. La religion tient une place centrale dans la société et les affaires, et elle gouverne la plupart des facettes du marché. Son influence ne diminue pas: les consommateurs arabes qui désirent le progrès, la modernité et l’intégration sociale ne souhaitent pas pour autant abandonner leurs traditions religieuses et culturelles. Ainsi les Arabes apprécient et respectent les marques occidentales, mais seulement si elles ne rentrent pas en conflit avec leurs valeurs. Les entreprises qui négligent l’interaction entre culture et religion, croyant qu’elles ne s’influencent pas l’une l’autre, ignorent un facteur décisif pour réussir dans la région.

Respecter les cinq piliers de l’Islam


Tous les consommateurs du monde arabe ne sont pas musulmans, mais l’Islam façonne l’économie de la région. Ses cinq piliers affectent chaque consommateur et chaque entreprise.

La chahada 


Dans le Coran, le livre sacré de l’Islam, la croyance au monothéisme et l’acceptation de Mahomet comme prophète d’Allah est résumée dans la phrase rythmique: «La ilaha illallah, Muhamadun rasul- allah» («Il n’y a d’autre dieu que Dieu, et Mahomet est son messager»). Cette profession de foi est le premier pilier de l’Islam. La chahada, comme on l’appelle, comporte plusieurs niveaux d’implications et d’interprétations. Les comprendre tous n’est pas toujours chose aisée, en particulier pour faire des affaires. La jurisprudence islamique dépend de déclarations ou d’actes d’approbation ou de désapprobation attribués au prophète Mahomet (les hadiths), qui sont des outils pour interpréter le Coran. Ils peuvent être subjectifs. De plus, les sunnites (qui sont majoritaires en Arabie Saoudite), les chiites (la communauté dominante à Bahreïn) et les ibadites (nombreux à Oman) se basent sur différents ensembles de hadiths, de sorte que les entreprises opérant dans le monde arabe doivent comprendre les nuances de chacun d’entre eux.

Enfreindre la règle ou l’esprit de la chahada peut avoir un impact majeur sur la réputation et le succès d’une entreprise, comme Aria l’a découvert sans le savoir. « Cela nous a pris quarante ans pour bâtir un business au Moyen-Orient, et cinq jours pour le voir s’arrêter complètement», a dit à BBC News un porte-parole de l’entreprise en 2006. 
Les hommes d’affaires occidentaux, en particulier, doivent comprendre que les règles de l’Islam sont perçues comme émanant d’un mandat divin, ainsi que le soulignent Frank Vogel et Samuel Hayes dans leur livre «Islamic Law and Finance: Religon, Risk, and Return». Cependant, les consommateurs arabes pardonnent vite: après avoir invoqué les valeurs islamiques de tolérance, de justice et de pardon. Aria a été la première entreprise danoise à être exemptée du boycott.

Les firmes étrangères doivent donc se démarquer de tout ce qui peut être perçu comme offensant l’Islam. Par exemple, l’Islam interdit la représentation de l’image d’Allah, y compris l’écriture de son nom. De nombreuses entreprises ont dû changer leur logo et leurs emballages pour s’adapter à cet impératif. Ainsi, à la fin des années 1990, quand les cadres d’Unilever Arabia ont découvert le nouveau logo de l’entreprise quelques jours avant son lancement, certains d’entre eux ont eu l’impression que, vu sous un certain angle, il ressemblait au mot Allah écrit en arabe. Risque qu’ils auraient ignoré sur un autre marché, mais dont ils savaient qu’il valait mieux se méfier en Arabie Saoudite. En dépit des coûts supplémentaires, Unilever Arabia à donc travaillé avec le siège à la création d’un nouveau logo avant son lancement.

Bien que l’Islam soit le fondement de leur culture, les Arabes préfèrent souvent que les entreprises séparent la religion et le commerce. Les publicités au ton ouvertement religieux ne marchent presque jamais. Dans les années 1990, lorsque Procter & Gamble a lancé Tide liquide sur les marchés arabes, l’entreprise décida d’utiliser toute une série de publicités montrant à quel point il était facile pour les femmes de se servir de ce produit pour laver leurs voiles. Elle prit soin de présenter la tâche comme une corvée quotidienne sans sous-entendu religieux, faisant ainsi clairement comprendre qu’elle percevait les rapports entre la culture et le business sur le marché arabe.

La salat 


Les prières formelles, ou salat, se composent de la répétition d’une série d’actions et de mots cinq fois par jour. Que ce soit l’appel du muezzin ou les flèches pointant vers La Mecque (la ville sainte à laquelle les musulmans font face durant la prière) dans les chambres d’hôtels, on ne peut échapper à la salat dans le monde arabe.
La prière crée une routine à laquelle doivent s’adapter les entreprises étrangères. Dans des pays tels que l’Arabie Saoudite, elles doivent fermer brièvement trois fois par jour. Empêcher les employés de prier est interdit par la loi. Le travail s’arrête dans les usines et les bureaux, les réunions s’interrompent et les magasins ferment leur porte. Dès que la prière est finie, les gens reprennent leur activité comme si de rien n’était.
La dévotion aux prières quotidiennes peut varier d’un pays arabe à l’autre, mais quel que soit l’usage local, les moments de prière rythment la journée. Certaines entreprises l’ont bien compris. Ainsi, Titan Industries, le fabricant de montres indien, a développé pour le marché arabe une horloge indiquant le moment de chaque prière de la journée. Des applications comme Al-Qibla, qui indiquent le début exact des prières et la direction de La Mecque via un GPS et un logiciel cartographique, sont aussi disponibles sur la boutique iTunes.

La zakat 


L’Islam requiert que les musulmans fassent don de 2,5% de leur richesse chaque année. Pilier de l’Islam, la zakat (nom que les musulmans donnent à ce don) génère un fond annuel garanti d’argent philanthropique.
Calculer le montant de la zakat générée dans les pays arabes s’avère presque impossible. La plupart des Arabes font leurs dons en privé et de manière informelle, de sorte qu’on n’en garde pas trace. De plus, le don se calcule comme un pourcentage de la richesse personnelle au-delà d’un certain montant - et non comme une fraction du revenu - ce qui le rend encore plus difficile à estimer. Alors que mes calculs très prudents suggèrent que le montant total tourne autour de 3,3 milliards de dollars par an, les experts locaux affirment qu’il dépasse aisément 25 milliards de dollars, soit 1,3% du PNB régional en 2010. A comparer avec les 2% du PNB que les individus, les entreprises et les fondations consacrent aux causes charitables aux Etats-Unis.
Avec la zalcat, les Arabes ont créé une des plus imposantes rentes philanthropiques du monde. Malheureusement, son usage est très désorganisé, ce qui crée une opportunité pour le secteur social. Dans le passé, le gouvernement ou les familles régnantes supervisaient la collecte et la distribution des fonds. Mais de nos jours, il y a moins de musulmans qui donnent leur argent à des organisations étatiques: ils ne font pas confiance aux personnages puissants pour utiliser leur argent de la manière la plus philanthropique qui soit. De plus, la fragmentation des dons dans la plupart des pays arabes rend leur utilisation moins efficace qu’elle ne pourrait l’être.
Si les pays arabes réunissaient (ensemble ou même séparément) la collecte de la zakat et la géraient de manière professionnelle, ils pourraient réussir des choses étonnantes, comme le montre l’exemple de la Chambre de la zakat soudanaise, qui attire une bonne part de la collecte nationale. Elle a ainsi disposé d’environ 250 millions de dollars en 2010, et les a dépensés en grande partie dans des programmes qui promouvaient le développement et l’autosuffisance, en particulier auprès des femmes. L’organisation distribue des semences pour l’agriculture et de la farine, dont les femmes se servent pour cultiver ou fabriquer des produits qu’elles peuvent vendre.
Les gouvernements ne sont pas forcés de superviser les fonds de la zakat: des spécialistes financiers des banques islamiques pourraient gérer l’argent, et des érudits islamiques et experts en philanthropie pourraient créer un système pour dépenser les fonds de manière efficace. 

Selon plusieurs experts, l’argent pourrait servir à des prêts de type microfinance ainsi qu’à des services de santé et de prestations sociales pour les citoyens dans le besoin. 
L’obstacle: les gouvernements arabes croient fermement que les soins à la personne sont de leur ressort, et craignent que les autres organisations qui s’en occupent essaient seulement de gagner de l’influence politique.
Quelques pionniers ont cependant développé des méthodes innovantes pour accroître la valeur des dons de la zakat. Ainsi, la société Abdul Latif Jameel de Djedda (Arabie Saoudite) finance un programme - auquel ses collaborateurs peuvent apporter leur contribution à la zakat - qui forme des ouvriers, soutient des entrepreneurs en herbe et aide des start-up à se développer. La famille Jameel a décidé qu’un tel projet aiderait mieux la communauté que les dons d’argent de ses collaborateurs. Bien qu’onéreux, le programme a formé des centaines de travailleurs à des jobs mieux payés et a contribué à faire naître des dizaines de petites entreprises depuis 2002. Il pourrait bien jouer un rôle précurseur pour établir un modèle de responsabilité sociale des entreprises arabes du secteur privé basé sur la zakat.

Le saoum 


Durant le mois du ramadan, qui célèbre la révélation des premiers versets du Coran au prophète Mahomet, les musulmans pratiquent le saoum, c’est-à-dire le jeûne du lever au coucher du soleil (les étrangers non musulmans en sont exemptés, bien que, par politesse, ils ne doivent pas manger ou boire en public durant les heures de jeûne).
La période du ramadan est à la fois spirituelle et festive, l’accent variant selon les pays. Les gouvernements de la région ordonnent une réduction de deux heures des horaires de bureau, ce qui représente à la fois un défi et une opportunité: les consommateurs ont plus de temps pour leurs loisirs (et pour dépenser), mais il peut être difficile pour les entreprises de continuer à fonctionner en raison de la réduction du temps de travail des employés. La plupart des firmes chamboulent leurs horaires, comprenant que les gens restent éveillés du crépuscule à l’aube, qu’ils se lèveront donc tard ou partiront tôt.
Les entreprises locales et étrangères ont rendu le mois du ramadan aussi important pour les ventes que la période des fêtes de fin d’année en Occident. 

La plupart des distributeurs arabes écoulent autant de biens au cours de ce seul mois que pendant le reste de l’année. Le prix des publicités télévisées monte durant le ramadan, tandis que les chaînes lancent de nouvelles émissions. Et les appels sur mobiles se multiplient du fait des connexions avec la famille et les amis. Les Arabes font leur shopping au petit matin : les malls et les magasins restent donc ouverts et les entreprises offrent d’énormes réductions de prix.
Paradoxalement, les entreprises alimentaires (et de boissons) présentes au Moyen- Orient voient leurs ventes bondir durant cette période de jeûne. Cela est dû au fait que les Arabes se réunissent le soir en famille et avec leurs amis pour rompre le jeûne lors de grands banquets, tandis que les restaurants proposent des buffets pour les repas, après le coucher du soleil et avant l’aube. Les ventes atteignent un pic final juste avant l’Aïd al-Fitr (la fête de la rupture du jeûne), le jour qui marque la fin dit ramadan, lorsque les musulmans prient, font la fête et échangent des cadeaux.

Cependant, le ramadan n’est pas porteur pour toutes les entreprises. Le calendrier islamique étant basé sur le cycle lunaire, il n’est pas synchronisé avec les saisons. De 2008 à 2018, le ramadan a lieu durant l’été, ce qui a pour résultat de modifier les tendances de consommation. Ainsi, les ventes de boissons non alcoolisées et de parfums s’accroissent généralement durant l’été et durant le ramadan. Quand les deux se recoupent, les entreprises de ces secteurs ne bénéficient que d’une seule période d’accélération des ventes. Les plus réactives prévoient donc des campagnes publicitaires à d’autres moments de l’année pour booster leurs ventes.

Il est intéressant de noter qu’une réaction se fait jour contre la commercialisation du ramadan et la consommation ostentatoire qui le caractérise parfois. Sentant le vent tourner, certaines multinationales focalisent leur communication publicitaire sur la solidarité familiale, la générosité et la spiritualité. En 2009, Procter & Gamble a ainsi annoncé que, pour chaque paquet de Tide White Musk acheté en Egypte durant le ramadan, la compagnie offrirait un vêtement à une famille dans le besoin. Pour assurer sa crédibilité, elle a travaillé avec Resala, une ONG respectée, a obtenu le soutien d’un ministre et a recruté Hakim, un chanteur populaire, en tant qu’ambassadeur de la campagne. A la fin du ramadan, Procter & Gamble et ses clients avaient procuré 640.000 vêtements à des enfants pauvres, et la part de marché en volume de Tide en Egypte avait augmenté de 3 points.

Le hadj 


Le hadj à La Mecque - un devoir que tous les musulmans en bonne santé doivent accomplir une fois dans leur vie s’ils en ont les moyens - est l’un des plus grands pèlerinages du monde. L’arrivée annuelle de plus de 1,5 million de musulmans en Arabie Saoudite crée de nombreuses opportunités de business. Bien que les chiffres officiels soient rares, des études estiment l’impact du hadj sur l’économie saoudienne à 42 milliards de dollars en 2011, soit presque 7% du PNB.
Plusieurs chaînes d’hôtels, arabes et étrangères, ont profité de la nécessité de loger des millions de personnes durant le pèlerinage annuel, qui dure un peu moins d’une semaine. L’Inter Continental de La Mecque se trouve ainsi très près de la Kaaba, le site islamique le plus sacré, et la chaîne possède plusieurs établissements à Médine, une autre cité sainte pour les musulmans. Même s’ils triplent leurs tarifs durant le hadj, les hôtels de La Mecque ont un taux d’occupation de 100% chaque nuit du pèlerinage (contre 65% le reste de l’année). 

En 2011, le gouvernement saoudien a autorisé la construction de 500 nouveaux hôtels à La Mecque, qui est devenue une ville en essor permanent.
Le hadj est une expérience religieuse, mais la consommation fait souvent partie du pèlerinage. A La Mecque, Médine et Djedda, des centaines d’entreprises locales et multinationales profitent d’une croissance de la demande pour toutes sortes de produits, des souvenirs aux traitements pour les migraines. Procter & Gamble fait la promotion de la quasi-totalité de ses produits durant le hadj, mais ce sont ceux qui peuvent être rapportés chez soi comme cadeaux qui s’écoulent le mieux. Les ventes de parfums atteignent un pic et les petits appareils électroménagers, comme les rasoirs électriques, se vendent bien, en particulier ceux qui ne sont pas disponibles dans les pays des visiteurs. 

Pour les entreprises d’électronique grand public, comme Sony et Samsung, le bond des ventes pendant le pèlerinage équivaut à un mois de chiffre d’affaires. Durant le hadj, Samsung déplace ses équipes du reste du pays vers La Mecque et Médine, et ses points de vente affichent des bannières spéciales en quatre ou cinq langues à destination des visiteurs étrangers.

Le hadj est devenu une opportunité si attrayante que certaines entreprises arabes l’utilisent comme rampe de lancement pour leur expansion mondiale. Le pèlerinage drainant une foule de gens qui visitent l’Arabie Saoudite pour la première fois, les firmes peuvent tester leurs marques sur un nouveau groupe de consommateurs internationaux chaque année. Elles établissent la notoriété de la marque auprès des pèlerins grâce à des opérations de vente et de marketing à La Mecque et à Médine, puis implantent des points de distribution dans les pays d’origine des consommateurs. Ainsi Arabian Oud, qui crée des parfums à base d’oud (bois d’agar), possède 52 boutiques à La Mecque et à Médine, qui réalisent environ 11% des ventes totales de l’entreprise durant le hadj. Elle a construit un réseau de 550 magasins dans 28 pays en suivant les pèlerins musulmans qui retournaient chez eux.

Yallah! «Allons-y!» Vous entendrez cette expression partout dans le monde arabe, et, en dépit des défis sociaux et politiques, elle incarne le dynamisme du marché. Le seul mot arabe que vous entendrez plus souvent encore est «yanni» («c’est-à-dire» ou «cela signifie»). C’est un mot passe-partout, mais il souligne le profond désir du peuple arabe d’être compris. Dans le monde arabe, seules les entreprises capables d’appréhender le dynamisme du futur (incarné par «Yallah!») tout en ayant assimilé correctement le passé (symbolisé par «yanni») ont une chance de prospérer...

24/02/2014

Minsk, tête de pont européenne des Chinois


Investissements chinois



Investissement chinois en Bielorussie


Les autorités biélorusses et chinoises ont signé un accord de construction d’un “technoparc” colossal près de la capitale de la Biélorussie, qui pourra diffuser sa production aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest.

Alors que Moscou et Bruxelles se disputent l’espace ex-soviétique comme zone d’influence, un nouvel acteur se fait de plus en plus remarquer. En Biélorussie, des sociétés chinoises sont à pied d’œuvre : elles construisent, près de Minsk, une “cité des hautes technologies”, sur une surface équivalant au tiers de celle de la capitale.

Le projet, qui devrait permettre de doubler les recettes du budget de l’Etat, a déjà été entériné par un oukase présidentiel. En Biélorussie, cet acte réglementaire équivaut à un article de la Constitution. C’est pourquoi l’ambassadeur de la république populaire de Chine à Minsk, Goun Tszianveï, qualifie avec assurance cette initiative comme unique : il est peu probable qu’ailleurs en Europe on puisse créer actuellement un technoparc doté de telles infrastructures. Celles-ci sont réellement impressionnantes. A 4 kilomètres de là, il y a l’aéroport international de Minsk et au-delà d’une bande forestière de protection se trouve l’autoroute Moscou-Minsk (qui se poursuit vers Berlin à travers la Pologne). Une voie de chemin de fer pour trains à grande vitesse a aussi été envisagée. La question qui se pose est de savoir où seront expédiées les marchandises produites par les sociétés chinoises qui s’implanteront sur cette tête de pont, située à 300 kilo- mètres de l’UE et de la Russie. Rappelons que cette dernière a constitué avec la Biélorussie et le Kazakhstan une union douanière. Au reste, l’une de ces destinations n’exclut pas l’autre : l’usine du monde – comme on surnomme la Chine depuis longtemps maintenant – s’intéresse à tous les marchés que ses produits peuvent atteindre.

Déforestation


Electronique, construction mécanique, chimie fine, biotechnologies, industrie des nouveaux matériaux : sur 90 km2 encore occupés en grande partie par des forêts doivent s’implanter des laboratoires de recherche, des centres de logistique, des complexes commerciaux et des logements. Les résidents du technoparc se sont vu promettre des avantages : ils seront entièrement exemptés d’impôt sur les bénéfices, de taxe foncière et de taxe d’habitation pendant les dix premières années et à 50% au cours des dix suivantes. Rien de tel n’est prévu pour les habitants de la région, bien sûr.

En 2013, le projet de technoparc de Minsk, qui appartiendra à 60 % aux Chinois, a été présenté à plusieurs reprises et à grand renfort de publicité en république populaire de Chine. Minsk a mis en avant l’un des avantages concurrentiels, à savoir l’appartenance de la Biélorussie à l’union douanière. Cela permettra aux entreprises résidentes de vendre librement leur production sur les marchés du Kazakhstan et de Russie, bien sûr. “Les autorités ne comptent manifestement pas que ces productions soient vendues en Biélorussie”, fait remarquer le directeur exécutif du centre d’analyse biélorusse Strateguia et ex-candidat à l’élection présidentielle Iaroslav Romantchouk. “Ils veulent focaliser les résidents potentiels sur le marché russe.”

Indemnisation


Romantchouk estime que le technoparc est une sorte de trou dans l’union douanière. “Dans le cadre de l’Union, il faut absolument coordonner le commerce, les douanes et les politiques macroéconomiques. Le technoparc permet de créer artificiellement des conditions favorables pour une région donnée. S’il commence à se développer subitement et que ses productions chassent celles des entreprises russes sur le marché de la Russie, les services de l’Union douanière auront du souci à se faire.” L’expert suppose que, tant que les marchandises du technoparc ne menacent pas le marché russe, Moscou restera observateur ; d’autres facteurs peuvent entraver le projet, comme l’image de la Biélorussie en tant que partenaire risqué. “Un pays dont le gouvernement ne peut pas juguler l’inflation et où il n’y a pas de politique monétaire intelligible peut difficilement être considéré comme un lieu favorable aux investissements à long terme”, explique-t-il.

Les représentants chinois ne partagent pas ce pessimisme. “La Biélorussie peut être convaincue que nous construirons ce parc, soulignent-ils, à moins, bien sûr, que nous ne soyons confrontés à une corruption à très grande échelle et que nous décidions de ‘fermer le robinet’.”

Alexandre Ermak, chef de l’administration du technoparc, est le représentant du pouvoir biélorusse dans la future ville chinoise. Il a une mission particulière que rappellent immédiatement deux portraits d’Alexandre Loukachenko figurant dans son bureau. L’un, minimaliste, reflète l’austérité du président ; l’autre, grandeur nature, illuminé par le soleil qui vient de se lever, vous regarde depuis le mur. Cinq entreprises sont prêtes à être enregistrées comme résidentes. Ermak peut en nommer trois : le fabricant chinois de smartphones ZTE et deux laboratoires pharmaceutiques, le biélorusse Assa Medika et le russe F-sintez. Quant à l’éventuelle arrivée de géants comme Sinomach (constructions mécaniques et équipements lourds), dont avaient parlé l’été dernier certains médias chinois, Ermak ne les évoque pas pour le moment.
Alexandre Ermak donne l’impression d’un homme qui a réponse à tout. Oui, 38 km2 de forêt seront coupés, mais cet abattage ne sera pas intégral et il s’étalera sur vingt ou trente ans. Des plantations en compensation sont prévues sur 43 km2. Les bandes forestières de protection seront conservées autour des villages. En commentant le mécon-tentement des habitants, Ermak rappelle qu’en Chine, lors de la construction des technoparcs, aucune exception n’a été faite pour les personnes vivant sur les territoires concernés : tous les villages ont été rasés et les personnes se sont vu proposer un logement et des indemnisations. “Tôt ou tard, tout concourra probablement à ce que le système intègre la population”, dit-il.

L’arrivée de centaines de milliers de Chinois dans une Biélorussie peuplée de 9,5 millions d’habitants est considérée par Ermak comme irréaliste. “Nous parlons ici de la construction d’entreprises de cinquième et sixième génération en termes de processus technologiques. Elles ne requièrent pas d’effectifs très importants, précise-t-il. L’objectif consiste à embaucher le moins d’employés possible pour que tout soit automatisé et robotisé.”

Selon Ermak, la nouvelle ville elle-même est pensée en fonction des normes actuelles. Les immeubles ne seront pas très élevés et il y aura des zones vertes. Dans trente ans vivront ici 150 000 personnes. Même si 20 % d’entre elles sont étrangères, la Biélorussie pourra les “digérer”, affirme-t-il.

Cependant, pas un seul protocole d’intention n’indique une limite quantitative des immigrants ni des travailleurs étrangers dans les entreprises, reconnaît Ermak. Il estime que c’est l’investisseur qui décidera des embauches. Mais la partie biélorusse espère que le potentiel en ressources humaines de la Biélorussie conviendra aux entreprises résidentes.

Front uni


La modernisation de la Biélorussie via le technoparc ne doit pas mécontenter Moscou, estime le fonctionnaire, puisque la Biélorussie et la Russie constituent aujourd’hui un seul espace économique. Donc les deux pays “présentent un front uni pour attirer les investissements et les nouvelles technologies sur un territoire commun”. En ce qui concerne les perspectives, le fonctionnaire admet que les produits de nombreuses entreprises du technoparc seront vendus à l’Est.

Pour la Chine, le projet biélorusse amorce la conquête d’un troisième continent, après l’Asie et l’Afrique, grâce aux technoparcs. La Chine a acquis de nombreuses sociétés européennes ces dernières années, essentiellement dans les Pigs (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne), après que la troïka de créditeurs que sont l’UE, la Banque centrale européenne et le FMI les ont contraints à privatiser les entreprises et les secteurs stratégiques. Un exemple parlant en est le port du Pirée. Ainsi, le technoparc sino-biélorusse pourra devenir ce modèle à partir duquel le dragon rouge regroupera ensuite ses nouvelles capacités dans l’Union européenne.

Toutefois, pour la famille d’Irina Kozel, qui voyait le village de Bykatchino, près de Minsk, comme une base pour son futur patrimoine, les usines chinoises de l’autre côté de leur propre clôture vont plutôt signifier la fin de ce rêve. “Mon fils aîné vit maintenant avec sa famille à Londres. Il est programmeur, il a sa propre affaire, raconte Irina. Nous lui avons acheté une parcelle de terrain à la limite du village, nous y avons construit une maison temporaire parce qu’il voulait revenir ici l’année prochaine. Mais, lorsqu’il est venu la dernière fois, il a vu se développer le projet du technoparc et il ne parle plus de retour.”

Pour la Biélorussie, qui a perdu 8,5 % de sa population au cours des vingt dernières années, ces mots sont lourds de signification. Et bien plus lourds même que l’arrivée d’investisseurs étrangers avec leur main- d’œuvre.

Lettonie


La Lettonie est une autre cible des investissements chinois. A une trentaine de kilomètres de la capitale, Riga, dans la petite ville d’Ozolnieki, les immeubles poussent “à un rythme effréné, très chinois”, note Lietuvos Rytas. Leurs propriétaires ? Des Chinois qui, en échange de leur investissement immobilier, obtiennent un permis de séjour leur permettant de circuler dans l’espace Schengen. La paternité
de cette idée revient à l’un des oligarques lettons, Ainars Slesers. En 2009, la Lettonie a connu la pire récession d’Europe et le secteur immobilier a été frappé de plein fouet. Il s’agit donc de lui donner
un nouveau souffle. Pari réussi. En 2011, 1 500 personnes ont déposé la demande pour de tels investissements, selon le quotidien lituanien.
Les Chinois y sont désormais plusieurs centaines, mais cette immigration n’est plus du goût de tout le monde, notamment des nationalistes, qui cherchent à y mettre un frein...